J’avais promis de vous parler de nos deux élèves nouvellement arrivées d’Afrique ; ce blogue leur est entièrement consacré. Binta et Sharon sont arrivées au Collège à la fin du mois d’octobre. Un saisissant plongeon dans notre culture québécoise! Binta Hane est sénégalaise et Sharon Aka est ivoirienne.  Après seulement deux mois d’école, les membres du personnel s’entendent tous pour  leur accorder une note parfaite pour leur capacité d’adaptation et une note de 110% pour l’autonomie et la détermination. Entrevue avec deux jeunes filles extraordinaires !
Quelle est la plus grande différence entre votre ancienne école en Afrique et
votre nouvelle école au Québec ?
Binta, en quatrième secondaire: La façon dont les élèves considèrent les professeurs. Là -bas, on ne peut pas dire à un professeur : « Je suis fatiguée, est-ce que ton cours est bientôt fini ? » Au Sénégal, on a souvent des cours de deux heures. On n’a pas beaucoup de temps de pause.
Sharon, en troisième secondaire : C’est la manière d’enseigner. En Côte d’Ivoire, les professeurs étaient beaucoup plus autoritaires. Les règles étaient plus dures !
Quelle question les élèves québécoises vous ont-elles le plus souvent posée ?
Binta : Les élèves me demandent si je connais Facebook et elles s’étonnent quand je parle de films américains.
Sharon : Elles me demandent si je voyais  souvent des animaux sauvages. Elle pense que quand on se promène dans les rues en Afrique, on voit systématiquement des lions.   Eh bien non, pour cela, il faut aller dans les zoos !
Quelle habitude de vie québécoise trouvez-vous la plus étrange ?
Binta : Les insultes… Au Sénégal, il y a différentes  façons de dire des insultes, mais pas ce genre-là .
Sharon : Quand c’est l’anniversaire d’une fille, on lui chante bonne Fête et on lui demande de faire la poule !
Souhaitez-vous poursuivre vos études au Québec ?
Binta : Oui, ici, j’ai plus de chance de réussir. Au Sénégal, dans certaines universités, on voit des étudiants assis sur le plancher durant les cours. Il y a trop de monde. J’aimerais poursuivre mes études pour être chirurgienne.
Sharon : Oui, ici, c’est mieux organisé que chez moi. Mes deux frères sont au Québec et ils vont m’aider à poursuivre ici. J’aimerais devenir pédiatre plus tard.
Qu’est-ce qui vous manque le plus de votre pays ?
Binta : Ma famille, mes amis et la nourriture de mon pays. Le soleil du Sénégal me manque beaucoup aussi. Je ne pouvais pas m’imaginer à quel point c’était froid au Québec. Même si je savais qu’il y avait de la neige, je ne savais pas que c’était aussi froid que cela.
Sharon : Mes parents, certainement ! Même si je leur parle sur Skype à chaque vendredi, je m’ennuie d’eux. On avait l’habitude à toutes les deux semaines d’aller à la plage de Bassam ensemble. Ici, dans la neige, je suis bien loin de cette plage…
 Pour quelles raisons devrions-nous un jour visiter vos pays d’origine ?
Binta : Parce que c’est le plus beau pays au monde !  Au Sénégal, nous avons la statue la plus haute du monde (la statue de la Renaissance). Dans mon pays, il y a la paix, l’amour, la joie de vivre et la solidarité. En Wolof, on dit que c’est le pays de la Teranga (signifie pays de la solidarité).  Par exemple, dans mon pays, n’importe qui peut arriver chez moi pour manger à n’importe quelle heure et il sera bien accueilli. Ici, au Québec, il faut prévoir cela une semaine à l’avance.
Sharon : Il faut aller en Côte d’Ivoire pour voir les plages, se baigner dans les vagues et pour visiter la belle Basilique, la plus grande église de la Capitale.Â
 À la fin de l’entrevue, j’ai répété à Binta et à Sharon à quel point elles étaient des adolescentes fortes! J’ai salué encore une fois leur courage. Je les ai fait bien rire quand j’ai  tenté d’imaginer avec elles le choc que vivraient  des élèves québécoises dans la situation inverse, c’est-à -dire en pleine immersion dans une école africaine…


Bravo à l’école de son implication. C’est une belle valeur à donner à nos filles, leur ouverture d’esprit sur le monde extérieur. Et surtout le respect des autres qui soit d’ici, d’ailleurs ou simplement différent. En lisant les réponses on sent bien que Binta et Sharon peuvent apporter une expérience riche.
Je suis émue en lisant ce texte. On sent bien la sensibilité de Binta et Sharon. Elles seront riches de cette expérience et je sais qu’elles apportent déjà beaucoup aux filles d’ici. Bravo à vous deux !
je suis le frère à Sharon et de plus en plus je m’étonne de sa capacité d’adaptation à cette nouvelle vie. d’aucuns diront que cela est sans doute dû à une présence familiale mais j’ai connu d,autres africains qui n’ont jamais su s’intégrer. Bravo encore à ma soeur qui, malgré son jeune âge, nous montre une étonnante maturité et une leçon de la vie:la persévérance pour atteindre les objectifs !
Bravo Sharon !
Tu m’épates par ta douceur et ton petit sourire discret. Ton adaptation à toutes sortes de situations que nous vivons en classe va sans aucun doute t’aider à foncer pour atteindre tes buts. Continue !
Sylvie, ton enseignante de français
Belle ouverture sur le monde!
Continuez!